Les parotides sont deux des 6 glandes salivaires principales. 

La pathologie chirurgicale  concerne les tumeurs

et les calculs salivaires

 (se reporter au chapitre spécifique)

 

Les tumeurs se manifestent par une voussure de la peau,

sous le lobe de l'oreille et en arrière de la mâchoire

ou en avant du pavillon auriculaire. 

80% des tumeurs de la parotide sont bénignes.

20% sont des tumeurs malignes

   - soit développées à partir du tissu parotidien

   - soit il s'agit de métastases dans des ganglions intraparotidiens,

notamment à partir de cancer de la peau de la face et du cou

 

Le caractère dur de la masse parotidienne, l'infiltration de la peau,

l'existence d'une paralysie faciale, de douleurs,

la présence de ganglions suspects dans le cou,

sont en faveur d'une origine maligne

 

Actuellement, malgré le bilan par

  - imagerie (irm)

  - analyse cytologique

     avec ponction échoguidée à l'aiguille fine 

 

la chirurgie est le plus souvent proposée

  - pour confirmation diagnostique,

  - en cas de progression tumorale.

.

 

 

 

La cicatrice est dissimulée et utilise parfois les  mêmes incision que pour les liftings

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La difficulté de la chirurgie réside dans le repérage et la conservation du nerf facial

qui pénètre et se ramifie dans la glande

avant de gagner les muscles de la face

qui permettent la mimique, l'occlusion des paupières ...

 

 

 

Il existe différents type de parotidectomie: partielle (pôle inférieur ou exofaciale) et totale.

Le choix dépend de la position et de la nature de la tumeur

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La parotidectomie peut être associée un curage des ganglions du cou, s'il s'agit d'une tumeur maligne.

La parotidectomie peut être élargie aux tissus mous de la face,

parfois avec sacrifice du pavillon de l'oreille

et reconstruction par des lambeaux musculo-cutanés de voisinage.

 

Pour les tumeurs malignes un traitement adjuvant

par radiothérapie et ou chimiothérapie est parfois nécessaire.

 

 

 

 

 

Le monitoring per opératoire du nerf facial

n'est recommandé que dans les chirurgies de reprise.

Il est de plus en plus systématique même en chirurgie première.

Il consiste à positionner une électrode sur 4 des muscles faciaux.

Lors de la chirurgie, la stimulation

- du tronc du nerf facial

- ou des ses ramifications

entraine une contraction musculaire dont on recueille l'activité électrique.

Le monitoring sert:

- pour le repérage du tronc du nerf facial en début d'intervention,

- pour adapter la dissection des rameaux du nerf facial,

- pour vérifier en fin d'intervention  si le nerf et ses branches sont  actives

 

 

 

Cette parfaite connaissance de l'anatomie du nerf facial et les moyens mis en oeuvre pour le préserver dans la chirurgie de la parotide, permettent, lorsqu'ils sont en plus associés aux techniques de sutures microchirurgicales d'envisager la réparation de lésions du nerf facial notamment dans les plaies de la face

 

 

 

 

 

Rapports du nerf facial

et de la parotide

        IRM : tumeur de la parotide gauche                          Ponction cytologique échoguidée      

parotidectomie partielle

​pôle inférieur

parotidectomie partielle exofaciale

lobe superficiel

parotidectomie totale

Paroidectomie: incision en baïonnete de Redon

Fonction faciale normale après parotidectomie

Cicatrice post-opératoire

Plus ... galerie de portraits de patients opérés de parotidectomie

Suites compliquées après parotidectomie

 

1.Anomalies de la fonction faciale après parotidectomie

 

1.1. Paralysie / parésie

C'est un défaut de contraction des muscles de la face

Elle peut être:

- transitoire ou définitive,

- complète (paralysie) ou partielle (parésie)

Lorsqu'il utilise le monitoring, le chirurgien teste le nerf facial en fin d'intervention.

Si la stimulation électrique entraine une réponse musculaire mais qu'il existe malgré tout une paralysie post-opératoire, celle ci doit être transitoire.

Le temps de récupération ne peut pas être évalué.

Un sacrifice partiel ou total du nerf peut être nécessaire lors qu'il est envahi per une tumeur cancéreuse.

Exemple de paralysie faciale séquellaire après sacrifice nerveux partiel, rééducation et chirurgie de réhabilitation

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Autre exemple de paralysie faciale partielle (territoire) inférieur) après scarifice de la branche cervioc-faciale lors d'une parotidectomie pour métastase métachrone d'un cancer cutané de la face.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1.2. Syncinésies

Il s'agit de contractions musculaires involontaires de zones qu'on ne souhaite pas activer

Exemple de syncinésies: contraction des lèvres lorsque le sujet cligne de l'oeil.

2. Syndrome de Frey

Il se manifeste par une sudation dans la région parotidienne (en avant de l'oreille)

au moment des repas.

Ce phénomène inconstant ne survient que plusieurs semaines après la chirurgie.

 

La sécrétion de salive par la parotide

est normalement déclenchée par un phénomène réflexe au moment des repas (réflexe de Pavlov)

La stimulation de la glande est assurée par des fibres nerveuses sécrétoires.

Après la chirurgie,

ces fibres nerveuses (parasympathiques) repoussent (régénération aberrante)

vers les glandes sudoripares (glandes qui produisent la sueur au niveau de la peau).

Ainsi, au moment des repas, lorsqu'elles sont activées,

une sudation, parfois gênante, peut se produire  dans la région parotidienne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le phénomène est mis en évidence par le test de Minor,

Il permet aussi de délimiter précisément la zone de sudation

 

 

 

 

 

 

 

Le traitement consiste en des injections sous-cutanées de toxine botulique , dans la zone ainsi délimitée.

L'efficacité est de 3 mois.

Généralement, après quelques injection le syndrome de Frey disparait.

3. First bite Syndrom (Syndrome de la première bouchée)

Très rare,

Il se manifeste par une douleur intense de la région parotidienne, survenant notamment lors des repas,

Il serait du à une atteinte du système nerveux parasympathique de la région, plus volontiers lors des parotidectomies pour tumeurs malignes et/ou celles qui résèquent le lobe profond".

Son traitement repose sur des molécules habituellement utilisées dans les névralgies, par l'injection de toxine botulique

Pour les professionnels:

Le syndrome de la première bouchée

O.Laccourreyea A.Wernera D.Garciab D.Malinvauda P.Tran Ba Huyc P.Bonfilsa

European Annals of Otorhinolaryngology, Head and Neck diseases (2013) 130, 269—273

Monographie Amplifon de 2003

Deep lobe parotidectomy